Voyageurs d’affaires et “flexcation” : l’avenir du tourisme d’arrière saison?

 L’avenir du tourisme en France est de plus en plus en question. La clientèle Affaires tant attendue par les hôteliers pendant l’arrière-saison n’a pu reprendre que de manière lente et inégale. Pourtant, le travail à distance (télétravail) et les nouvelles technologies ont ouvert le chemin à un nouveau type de voyageur qui pourrait être une clientèle à ne pas négliger. Une tendance nommée  » la flexcation » et venue des Etats-Unis.

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« La “flexcation” vous connaissez ? Ce phénomène allie travail et plaisir. On peut aussi y associer de nouvelles pratiques comme le “co-living”, “co-working” ou travail à distance (en dehors de son lieu de travail) voire en « remote » (à l’étranger). Petit tour d’horizon d’un phénomène qui pourrait soutenir l’arrière-saison touristique en France et le voyage toute l’année !

De nouvelles pratiques touristiques qui associent voyage et travail

Si dans certaines régions les réservations repartent de plus belle, l’incertitude règne partout ailleurs. Le tourisme d »entre-deux qui se repose sur la clientèle Affaire, prend normalement le relais des vacanciers. C’est d’ailleurs, un tourisme qui représente deux tiers des revenus de l’hôtellerie sur l’année

Le secteur touristique, en souffrance, pourrait bien voir venir une nouvelle clientèle. Le travail à distance et autre télétravel pourrait se positionner comme l’avenir du tourisme. En effet, malgré la pandémie mondiale, le voyage d’affaires, selon plusieurs études, ne risque pas de mourir. Pour beaucoup, les réunions virtuelles ne remplacent pas les voyages sur place. Même si, en parallèle, les pratiques du travail se transforment de plus en plus avec le télétravail. C’est pourquoi, développer certaines offres et aménagements de séjours pourrait offrir de nouvelles perspectives dans le secteur du tourisme.

Au travail, le virtuel ne remplace pas l’efficacité du contact réel…

De nombreux professionnels le confirment, les réunions virtuelles ne remplacent pas les voyages d’affaires. Ainsi, pour les grosses compagnies, le télétravail n’est pas toujours possible. En Malaisie ou à Singapour et Hong Kong on envisage de créer des “couloirs de voyage” réservés aux voyageurs ou touristes d’affaires avec des protocoles stricts, ces voyages, envisagés avec un protocole sanitaire strict, reprendront doucement. Ainsi, jongler avec les fuseaux horaires et les réunions zoom ne semble pas une solution à long terme pour les multinationales. Le voyage d’affaires est donc loin d’être perdu de vue, mais il devra s’astreindre aux règles de distanciation. Ainsi, la reprise de ce type de voyage sera plus incertaine. Qu’en est-il de son impact sur l’économie touristique?

… Mais développe de nouvelles pratiques

Pas de panique, car le secteur du tourisme pourrait avoir une carte à jouer. Une nouvelle niche se développe en parallèle des nouveaux modes de travail comme le télétravail ou le remote work  qui pourrait (re)dessiner l’avenir de destinations touristiques.

Avec ces pratiques, un nouveau voyageur qui aime le séjour de longue durée se dessine. Organiser une offre en fonction, devient indispensable.

Pourquoi est-ce une opportunité pour le tourisme et l’hôtellerie?

De plus en plus, le travail devient une occasion de voyager… Des travailleurs nomades, indépendants aux salariés, affluent avec différents statuts. Ces nouveaux touristes s’apparentent à une tendance déjà en vogue de l’autre côté de l’Atlantique, la “flexcation”. La pratique, venue des Etats-Unis désigne ces télétravailleurs qui aiment travailler en vacances et allier vie de famille et travail.

Identifiée dans le rapport du spécialiste de la réservation de vacances et séjours: Vrbo (ex-HomeAway), l’été dernier elle fait écho aux pratiques du travail américaines. Aux Etats-Unis, la moyenne de congés payés par an est de neuf jours négociables avec l’employeur et 12 semaines de congé non payés pour raisons médicales ou familiales. La flexcation permet travail et flexibilité de destination et d’horaires. De plus, elle concerne principalement une offre touristique de longues périodes pendant l’arrière-saison: d’août à décembre.

La « flexcation » est privilégiée après la saison estivale. En famille, les réservations vont d’une semaine à quatre semaines, selon Vrbo et ces chiffres sont croissants. Une envie qui risque d’être poussée par la crise sanitaire. C’est aussi une manière de passer des vacances en famille quand on aime la fluidité et la liberté en dehors des pics saisonniers. La réservation plus étendue associe vacances, moments en famille et télé-travail. Certaines familles optent même pour l’école à distance. Un besoin de changer d’environnement pour casser sa routine quotidienne qui s’inscrit dans le futur du tourisme. Une tendance loin d’être isolée, quand finalement, 48 % des personnes interrogées dans cette étude Vrbo pourraient “travailler de n’importe où”.

Cette clientèle souhaite voyager plus longtemps pour plus de liberté et mêler télétravail et loisirs. Ainsi, aux Etats-Unis; 40 % des emplois administratifs pourraient être exercés à distance, d’après le gouvernement fédéral. C’est pourquoi, en France, La liberté apportée par le travail en remote pourrait aussi s’inscrire dans l’avenir du tourisme. Le lieu de travail gagne en flexibilité même si le rassemblement sur le lieu de travail reste impératif pour certaines structures au nombre de salariés important. En effet, l’espace de travail devient un espace de collaboration avant tout. Quant au domicile ou lieu de télétravail; il devient un espace propice à la concentration individuelle. 

Finalement, en Italie, l’application “Work your way”, plateforme d’achat de forfait voyage sur-mesure et ses prestataires touristiques associés, s’accommode déjà de ces nouvelles envies en imaginant un accord voyage – travail dans un espace employeur et employés, où chacun peut communiquer. 

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Des expériences hors-saison

Ennemis des “saisons” ces voyageurs pourraient voyager…n’importe où, n’importe quand et expérimenter des expériences de tourisme culturel, tourisme durable et local. Promouvoir une destination à destinée de cette nouvelle clientèle peut devenir un véritable levier. Offrir un large éventail d’expériences, hors normes, dans un cadre nouveau mais, avec un confort “comme à la maison”, sont les défis de l’offre touristique de demain.  Les professionnels du tourisme et prestataires vont devoir séduire cette nouvelle clientèle nomade qui veut absolument fuir le tourisme de masse. En effet, ces voyageurs privilégient des destinations peu fréquentées, avec un bon rapport qualité prix.

De quoi ouvrir de nouvelles perspectives pour l’offre de séjours touristiques française.

De grands hôteliers ont déjà amorcé une « opération séduction » envers ces télétravailleurs. En fin d’année, le groupe Accor (sur le modèle du groupe CitizenM aux Pays-Bas) lance les “hôtels office”. Un concept qui permet de réserver des chambres en journée et de bénéficier des espaces annexes en parallèle. Une offre à venir en France mais déjà déployée au Royaume-Uni et dans quelques autres pays européens. De plus, sur le même schéma, certaines villes européennes, comme Lisbonne, deviennent, le nouvel Eldorado de digitales nomades et remote worker.

La mobilité a le vent en poupe ! Comment attirer cette clientèle?

L’hôtellerie devra certainement de plus en plus aménager des environnements de travail de type « offices » ou bureau afin d’attirer cette clientèle « affaires ». Favoriser des espaces agréables aidant à la fois à la concentration ou la créativité devient très attractif. Les touristes français comme étrangers souhaitant mêler tourisme et travail se dirigent en Europe  vers les métropoles comme vers des destinations plus méconnues. On parle alors de “hub” comme à Paris, Bordeaux ou Lisbonne au Portugal.

De plus, les co-working offrent des aménagements opportuns pour ces voyageurs. Ainsi, en France le marché des co-working a triplé en deux ans. La liberté de pouvoir se déplacer et travailler ne cesse de se déployer et de changer à la fois les modes de consommation du travail et les modes de consommation touristique.

Les aménagements dans le secteur de l’hôtellerie et l’industrie touristique

Le numérique est devenu depuis plusieurs années, une nouvelle source de possibilités de travail. Il permet une transformation du secteur du tourisme vers le professionnel. La vie professionnelle est chamboulée, le travail nomade, salarié ou en freelance ne se décline plus uniquement sur un schéma dit « classique ». En conclusion, cette clientèle de télétravailleurs qui ne faisait que combler les creux d’intersaison dans le secteur du tourisme français, pourrait devenir une “nouvelle demande” à satisfaire.

Le tourisme pourrait donc se renouveler et surtout s’adapter, assez facilement à ces voyageurs en optant pour des aménagements “work-friendly” et en les ciblant particulièrement. De quoi développer un certain nombre de leviers pour attirer ces nouveaux touristes en 2021…

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Sources :

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